Si Jules Ferry a rendu l’école publique obligatoire, laïque et gratuite, c’est parce que la 3ème République voulait des citoyens conscients, instruits et capables de réflexion pour participer au développement du pays et profiter du progrès social. Il avait en même temps créé les écoles normales d’instituteurs chargées de former des enseignants en nombre, les « hussards noirs de la République » disait-on alors.
C’est tout cela que le pouvoir veut casser.
Pourquoi ?
Parce que pour lui, il ne faut pas trop de gens intelligents ; ils réfléchissent et ils critiquent. Il faut des travailleurs fragilisés, dociles et malléables.
Il faut donc dévaloriser le service public d’éducation, notamment par des effectifs plus importants dans les classes. Il sera facile ensuite de faire appel au privé qui sera paré de toutes les qualités. Il faut aussi rehausser l’âge d’entrée en école maternelle dont la première utilité reconnue est de favoriser l’égalité des chances.
Et puis il y a trop de fonctionnaires puisque, pour la droite, il y a trop de services publics ; ceux-ci peuvent être satisfaits par le privé. On voit bien en effet les progrès en la matière avec la Poste, France Télécom, RFF, la SNCF, etc. !
Et puis la sécurité de l’emploi accordée par le statut de la fonction publique constitue un obstacle insupportable. Ne devrait-on pas au contraire souhaiter la généralisation d’un statut comparable pour l’ensemble de tous les travailleurs ? Au lieu de cela on préfère niveler vers le bas ; on ne renouvelle pas un départ à la retraite sur deux et bien sûr la cible première ce sont les enseignants, puisqu’on fait d’une pierre deux coups.
Et tout cela parce que seul le profit maximum immédiat est recherché.
Quand mettra-t-on en premier l’humain et l’environnement ?