Lorsqu’un particulier veut créer ou reprendre une entreprise, l’aide publique est conditionnée à la présentation d’un projet, qui est soigneusement analysé avant tout accord. C’est une bonne chose, une manière sage de gérer l’argent des contribuables. Dommage que la majorité départementale refuse de se plier elle-même à une procédure qu’elle impose légitimement aux autres !
Nous n’avons de cesse, depuis plus de six mois, d’obtenir enfin de l’exécutif du Conseil Général qu’il nous fasse part de son projet de relance du Futuroscope. A la décharge de l’exécutif, il faut bien reconnaître que s’il comptait, pour cela, sur l’étude qu’il a payée 32 000 euros à la Chambre de commerce, il a en a été pour ses frais.
La réalité est que le "projet" se résume pour l’essentiel au renouvellement de quelques films et à la signature d’un contrat commercial avec Microsoft, dont nous attendons de connaître les détails pour mesurer si son intérêt réel pour le Futuroscope vaut bien la dépense (outre la mise à disposition gracieuse du pavillon du Futuroscope). Bill Gates a la réputation d’être l’homme le plus riche du monde, pas celle d’un philanthrope !
La seule véritable proposition de la majorité départementale et de la nouvelle direction du Futuroscope est de réduire d’un tiers la masse salariale, déjà fortement diminuée depuis un an puisque entre 2001 et octobre 2002,
le nombre d’emplois en équivalents temps plein est tombé de 798 à 638 pour les CDI (- 160)
et de 542 à 394 pour les CDD et les vacataires (- 148).
Soit déjà 308 emplois supprimés en 2002.
Faire du personnel la principale variable d’ajustement, voilà la méthode adoptée par la puissance publique !
Et contrairement à la version minimaliste distillée à la presse, la réduction des effectifs annoncée au Comité d’entreprise sera au minimum celle-ci :
Départ de 167 salariés sous contrat à durée indéterminée (dont 16 seront externalisés vers l’entreprise Dikéos qui assure des tâches d’entretien).
Suppression de 200 emplois (équivalents temps plein) en contrats à durée déterminée ou vacataires.
Beaucoup de ces emplois étant à temps partiel, c’est bien plus de deux cents personnes qui seront concernées.
Voilà encore 367 emplois équivalents temps plein perdus pour 2003 qui s’ajoutent au 308 déjà perdus en 2002. Soit au minimum 675 emplois supprimés sur les 1340 début 2002 (plus de 50 %)
On va donc licencier (ou convaincre de partir) à tours de bras. Cela alors même que le chômage vient de faire en octobre un spectaculaire bond en avant dans la Vienne : 7 % de plus sur un an.
Et cela ne dispensera pas de continuer à ponctionner lourdement les contribuables :
Ne nous dit-on pas qu’il va falloir investir 10 à 12 millions d’euros par an ?
Sans compter ce qui est encore dû à Amaury (voir l’article "Futuroscope 2002 : Une année difficile")
ni le coût des indemnités de départ et du plan social :
Prime de 1 mois et demi de salaire par année d’ancienneté si départ avant mars ;
Prime de 1 mois de salaire par année d’ancienneté si départ après.
ni les pertes d’exploitation... Rappelons-nous qu’il avait été accordé au groupe Amaury la possibilité de fermer pendant 3 mois par an. La saison prochaine, on prévoit une fermeture après le 11 novembre 2003 jusqu’au 1er février 2004. (2 mois et demi). Mais cette année on devra supporter entièrement un déficit maximum inévitable les mois d’hiver.
Comme nous l’avons dit, (voir l’article "Futuroscope 2002 : Une année difficile") il n’était évidemment pas possible pour la collectivité de se désintéresser du Futuroscope lorsque le groupe Amaury a décidé de jeter l’éponge. Mais les conseillers généraux socialistes n’ont cessé de demander un véritable débat sur la vocation du parc et les conditions de sa relance. Ce débat n’a jamais eu lieu et on constate aujourd’hui la médiocrité des réponses apportées par les principaux actionnaires (Département et Région) et la nouvelle direction.
Cette politique à courte vue, sans ambition ni projet, n’est décidément pas la nôtre.