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Futuroscope 2002 : Une année difficile
samedi 26 octobre 2002


La presse locale et nationale rend compte régulièrement dans ses colonnes des évolutions de la situation du Futuroscope.
Plutôt que de répéter, je propose sous cette rubrique, en style télégraphique, un résumé chronologique des évolutions du Futuroscope au cours de l’année 2002, année charnière entre une gestion privée et une "re-départementalisation". Cet article sera donc complété régulièrement par une mise à jour permanente.
(réf. : délibérations du Conseil Général, votées ou en projet publié).
Après chaque moment fort, j’évoque les réflexions et les questions qui se posent ainsi que la position adoptée par le groupe socialiste. En complément, vous pourrez consulter un historique du Futuroscope et le rapport de la Chambre Régionale des Comptes

1. Un atout majeur du développement du département

-  Importance pour l’emploi
-  Espace touristique parmi les plus fréquentés de France
-  Activités tertiaires à forte valeur dans le domaine de la formation, de la recherche ou d’entreprises commerciales.

Quelques chiffres :

-  100 000 m2 d’établissements de formation et de recherche,
-  60 000 m2 de bâtiments accueillant des activités,
-  80 000 m2 d’équipements hôteliers
-  33 000 m2 de logements
-  7 000 personnes y travaillent réparties entre enseignants, chercheurs, étudiants et salariés d’entreprises privées.

Le pôle " loisirs " du Futuroscope a connu, depuis son ouverture au public,

-  en 1987, 225 000 visiteurs, 1,1 M€ de chiffre d’affaires (7 MF)
-  en 1996, 2 900 000 visiteurs, une pointe exceptionnelle
-  en 1999, 2 300 000 visiteurs, 91,5 M€ (600 MF)

Mais voir aussi le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui formule quelques critiques à prendre en considération pour l’avenir.

En 2000, gestion du Parc de loisirs confiée au groupe Amaury

2. La situation à la fin de l’année 2002

Un rappel historique pourra utilement être préalablement consulté.

-  en 2002, on prévoit 1 600 000 visiteurs seulement (- 700 000 depuis 1999) au lieu des 2 300 000 espérés
-  actuellement 19 pavillons dont 3 fermés et plusieurs ouverts à mi-temps.
-  soit perte de 22 M€ (145 MF) prévue fin 2002

  • + 9 M€ ( 59 MF) en 2001
  • + 8 M€ ( 52 MF) en 2000
  • Total 39 M€ (256 MF)

"En octobre 2002, la Société du Parc du Futuroscope perd 300 à 400 000 F par jour" dixit M. francis Girault, Conseiller Général en charge du dossier.

-  La décision de Philippe AMAURY de se retirer à partir du 31 octobre 2002 est donc irrémédiable.

-  Réaction :

  • Pas envisageable que le pôle " loisirs " périclite.
  • Eviter le dépôt de bilan dont les conséquences sociales, économiques et commerciales seraient désastreuses.
  • Reprise par le Département décidée.

    3. Les principaux points du protocole d’accord avec la Société AMAURY

    Me Emmanuel HESS est nommé mandataire ad hoc par ordonnance du Président du Tribunal de Commerce de Poitiers le 1er juillet 2002 pour mettre au point un protocole d’accord avec le Groupe AMAURY et la Société du Parc du Futuroscope

    • qui exploite le Parc de " loisirs ",
    • qui détient aussi 100 % la Société Futuroscope Destination,
    • qui détient également 80 % de la Société du Palais des Congrès. Mais la vente des actions qui vient d’être faite par le Département le 29 mars 2002, fera l’objet d’une "résolution conventionnelle sans indemnité".

    Pour le Parc du Futuroscope et Futuroscope Destination, les principaux points du protocole sont les suivants :

    -  Jusqu’au 31 octobre 2002

    La Société du Parc du Futuroscope

    • continue l’exploitation ;
    • paiera le loyer prévu 10/12ème, soit 2,3 M€ ;
    • règlera toutes les dettes antérieures au 1er novembre 2002.

    -  à partir du 1er novembre 2002

    Une Société d’Economie Mixte Locale est créée et composée :

    • du Département de la Vienne, majoritaire,
    • du Conseil Régional Poitou-Charentes,
    • du Groupe AMAURY, actionnaire privé minoritaire. (pour un temps limité ?)

    Elle reprend à la Société du Parc du Futuroscope :

    • les éléments de l’actif immobilisé valorisés à hauteur de 18,5 M€ précisément énumérés, à l’exception de ses actifs circulants, éléments jugés nécessaires à la poursuite de l’activité du Parc de Loisirs, payables de la façon suivante :
      • 16 M€ par tiers au 31 août 2005, 31 août 2006 et 31 août 2007, avec un intérêt annuel basé sur Euribor 3 mois plafonné à 4 %, payable à terme échu, et une franchise d’intérêts de 2 ans.
        Cette somme sera versée en partie sous forme de participation minoritaire de la Société du Parc du Futuroscope dans la nouvelle Société et pour partie par, l’ouverture d’un compte courant d’associés au sein de cette Société.
        Le montant de 16 M€ fera l’objet, de la part du Département, d’une garantie autonome à première demande émanant d’une banque de premier rang pour permettre à la Société du Parc du Futuroscope de mobiliser sa créance.
      • 2,5 M€ avant le 1er décembre 2002, compensant des débours récents de la Société.
    • les stocks des biens et des marchandises pour un montant plafonné à 1,5 M€ jugés nécessaires à la poursuite de l’activité, sur la base d’un inventaire établi par un expert choisi d’un commun accord, à leur valeur nette comptable,
    • des engagements de la Société actuelle, plafonnés à 7,4 M€ limités en nombre et en montant, :
      • indemnités compensatrices de congés payés dues aux personnels jusqu’à la date d’effet du transfert (1er novembre 2002),
      • obligations attachées aux billets prévendus et non consommés,
      • contrats de concession de droits audiovisuels.
      • contrats en cours jugés nécessaires à l’exploitation normale et courante du Parc, à l’exclusion des contrats relatifs aux prestations intellectuelles et les honoraires (publicité, conseils...).
      • contrats de travail des salariés du Parc du Futuroscope.

      4. Propositions de la majorité lors de la réunion du 9 septembre 2002 :

      -  Que le Département s’engage et se porte fort de ce que les dispositions de ce protocole soient reprises par la Société bénéficiaire de l’opération de transfert ;

      -  Que l’on examine les conditions de la création de cette Société et de sa capitalisation pour faire face à ces engagements, lors d’une prochaine réunion.

      5. Positions du groupe socialiste. Questions :

      Nous admettons qu’il n’y a pas d’alternative à la reprise du Futuroscope par le Conseil Général.

      MAIS :

      Dire OUI dans ces conditions, serait approuver par avance aussi tout ce qui est actuellement inconnu.

      TROP DE QUESTIONS SONT SANS REPONSES :

      -  Sur l’emploi : Accepter des licenciements serait reconnaître qu’il n’y a pas d’autre politique à mener que celle d’Amaury. Il ne peut en être question pour les socialistes. Les licenciements ne sont pas inéluctables. Quelles dispositions seront prises pour les éviter ?

      -  Quelles nouvelles orientations, quelle vocation pour ce parc qui lui assurerait une pérennité durable ?

      -  Quels nouveaux investissements à prévoir ? Devra-t-on investir chaque année dans les mêmes proportions que de 1986 à 1996 ? (48% des investissements du Conseil Général ?

      -  Quel montant acceptable par les contribuables ?

      -  Quelles conséquences pour les autres politiques du Département ?

      -  "Le parc n’est pas structuré actuellement pour une gestion équilibrée" (M.HESS). Quelles mesures va-t-on prendre pour rechercher au moins "le petit équilibre" (sans l’amortissement des investissements) ?

      -  "Impact de la gare TGV décevant" (M.HESS). Comment la rendre plus positive pour le Futuroscope ?

      -  Quelles nouvelles actions de communication ?

      -  Ne faut-il pas mettre en place une coopération étroite avec les autres équipements touristiques de la région ? ce qui nécessite une redéfinition de l’agence Futuroscope - Destination.

      -  Ne doit-on pas aussi aller dans le sens d’une plus grande concertation avec la Ville et la Communauté d’Agglomération de Poitiers

      -  Nous demandons également à nouveau que l’on abandonne le projet de Naturascope. Il ne nous paraît pas raisonnable d’imaginer ce 2ème parc alors que le 1er nous donne tant de soucis. ?.

      C’est pourquoi, tout en approuvant la reprise de l’exploitation du Futuroscope par le Conseil Général, l’opposition n’a pas voté la délibération proposée.


      Le 23 septembre le Conseil Général a décidé officiellement de créer la SEML qui gèrera le Parc à compter du 1er novembre 2002...

      La Société d’Economie Mixte Locale (SEML) prend le nom de "SEML nouvelle du Parc du Futuroscope"
      Elle détiendra aussi, dans un second temps, les titres du Palais des Congrès et de Futuroscope Destination.

      Le capital sera de 40 M€ (400 000 actions 100 € l’unité)répartis ainsi :

      1er groupe d’actionnaires :
      -  Département de la Vienne : 24 M€ (60%)
      (dont 12 M€ immédiatement).
      -  Région Poitou-Charentes : 8 M€ (20%)

      2ème groupe d’actionnaires :
      -  Société Amaury et autres privés (dont DEXIA 220 000 € et prochainement la Caisse des Dépôts et Consignations ?) : 8 M€ (20%)

      La CAP ne participera pas financièrement, les contribuables poitevins participant déjà à travers leurs impôts régionaux et départementaux. Le Président de la CAP pense cependant indispensable une collaboration entre les cellules économiques de la CAP et du Futuroscope.

      L’opposition s’est abstenue, considérant que pratiquement aucune réponse n’avait été apportée aux questions ci-dessus, posées lors de la réunion du 9 septembre.

      Alain CLAEYS et Guy MONJALON participeront cependant au Conseil de Surveillance de la SEML affirmant ainsi la responsabilité constructive du Groupe Socialiste.


      Réunis en Commission Générale le 28 octobre 2002, les Conseillers Généraux ont pris connaissance des dernières nouvelles :

      -  Le Conseil Régional a voté une participation de 10 M€ dont 4 M€ libérés immédiatement (la moitié des 8 M€ lui permettant de détenir 20 % du capital de 40 M€ prévu).
      Les 2 M€ restants permettraient à la Région d’être majoritaire dans la société "Futuroscope Destination", qui deviendrait "Poitou-Charentes Destination" avec une redéfinition de ses missions... et vraisemblablement un autre Conseil de Surveillance. Ce point reste encore à préciser, notamment pour préserver toute capacité à la SEML nouvelle du Parc du Futuroscope de conduire à sa guise la promotion, la publicité et par suite la gestion du Parc.

      -  Il a été évoqué "un nécessaire redimensionnement des moyens humains" ( ?), avec des dispositions prévues pour aider et soutenir les départs volontaires ou les réemplois dans d’autres entreprises ou collectivités locales. Mais aucun nombre n’a été précisé, cette question étant du ressort de la SEML nouvelle du Parc du Futuroscope après sa prise de fonction le 1er novembre 2002.

      -  Monsieur Emmanuel de Villiers sera le Directeur de la SEML nouvelle du Parc du Futuroscope.

      -  Monsieur Dominique HUMMEL sera Président du Directoire et aura autorité sur tout l’ensemble.

      Questions :

      -  La nouvelle organisation permettra-t-elle au Département de la Vienne de conserver réellement toutes capacités d’intervention sur la promotion, les orientations et finalement la destinée du Parc du Futuroscope ?

      -  Quelle part d’initiatives "Poitou-Charentes Destination", la nouvelle agence régionale de commercialisation du tourisme, laissera-t-elle au Département de la Vienne ?

      -  Le Président du Directoire en charge de l’ensemble, et plus particulièrement de Poitou-Charentes Destination, ne sera-t-il pas plus "régional" que "départemental" ? Cette polyvalence ne va-t-elle pas dans les faits officialiser une "dépendance" ?

      -  Nous avons bien noté qu’une convention devrait régler les rapports entre les deux SEML, mais en cas de désaccord et de rupture de la convention, le Département n’aurait plus les moyens de son action, puisqu’il aurait perdu l’agrément agence de voyage attaché à Futuroscope destination.

      -  Il semble indispensable à la fois pour des raisons juridiques et par souci des intérêts du Département et des contribuables de la Vienne, que les accords avec la Région soient réexaminés et clairement précisés dans une délibération de l’assemblée départementale.

      C’est pourquoi, conformément à la loi, nous demandons la convocation, dans les délais les plus brefs, du Conseil Général en session extraordinaire.

      Dans l’attente, nous prenons acte de la prise de fonction officielle et effective de la SEML nouvelle du Parc du Futuroscope ainsi que des personnels de direction à la suite de la réunion du Conseil de surveillance du 4 novembre 2002.


      à suivre ...


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