Est-ce qu’il s’agit d’ouvrir une nouvelle querelle avec la Région ?
On sait que Ségolène Royal vise l’excellence environnementale pour le Poitou-Charentes. Cette affaire de déchets nucléaires enfouis va forcément ternir l’image et ajouter encore aux conflits de personnes entre le Département et la Région.
Comme si on pouvait se permettre ce luxe de gaspillage d’énergie !
Est-ce que les finances du Département sont à ce point incertaines ?
L’augmentation brutale de la fiscalité (32% en 3 ans) est-elle insuffisante pour faire face aux compétences obligatoires du Conseil Général ?
Mais faut-il hypothéquer la sécurité de nos concitoyens pour disposer d’une nouvelle taxe professionnelle qui permette de combler les déficits du Futuroscope et - accessoirement - de financer des projets exceptionnels dans le Sud Vienne ?
Non, l’aménagement du territoire ne doit pas se faire en sacrifiant la qualité de l’environnement !
En 1998, le groupe socialiste avait pris une position sage. Elle avait donné lieu à un communiqué d’Alain Claeys qui reste toujours valable, puisque les conditions n’ont pas changé, et j’y souscris pleinement. Le voici :
COMMUNIQUÉ D’ALAIN CLAEYS, DÉPUTÉ DE LA VIENNE, CONSEILLER GÉNÉRAL
Publié le 09 décembre 1998
Le gouvernement avait à choisir des sites pour étudier la possibilité d’un stockage de déchets radioactifs dans des couches géologiques profondes. Il a exclu la Vienne. Cette décision est sage. Elle s’inscrit dans la logique de transparence en matière nucléaire, voulue par le Premier ministre.
Je rappelle que la loi du 30 décembre 1991, dite « Loi Bataille » a fixé trois axes de recherches à mener simultanément pour le traitement des déchets radioactifs, transmutation des éléments radioactifs présents dans les déchets, conditionnement et entreposage de longue durée des déchets en surface, stockage des déchets dans le sous-sol profond.
Ayant toujours soutenu la loi Bataille, je ne pouvais qu’approuver en 1993 la candidature de la Vienne à recevoir sur le site granitique de la Chapelle Bâton l’un des laboratoires prévus par la loi. Depuis cette date, j’ai toujours affirmé que le choix définitif ne pouvait se faire que sur des critères scientifiques.
Or, la Commission nationale d’évaluation. après étude du site, a fait part de ses fortes réserves. Surtout, M. André-Claude Lacoste, responsable de la Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires, a fait connaître ses conclusions très hostiles au choix éventuel de la Chapelle Bâton.
Dans ces conditions, la sagesse commandait de renoncer au laboratoire puisqu’on ne pouvait pas raisonnablement envisager l’éventualité d’un stockage ultérieur, compte tenu des risques que cela aurait induits pour la population. On peut regretter le manque à gagner pour le Département et les communes concernées, mais, pour moi , la sécurité de nos concitoyens n’est pas monnayable.
Un stockage de déchets radioactifs ne peut pas être un élément d’aménagement du territoire, Le développement du Sud de la Vienne exige une réflexion, des études, un projet et enfin des investissements importants. Il doit reposer sur des équipements véritablement structurants et producteurs de richesse, qui répondront à une vocation qu’il nous revient de définir en concertation avec les acteurs économiques et les habitants du secteur.